Vendredi 21/04/17

21 avril 2017

Quel sera l’impact de l’attentat d’hier soir sur l’élection présidentielle ? Quels seront les transferts d’un candidat à l’autre ? Y aura-t-il un surcroît de mobilisation et au profit de qui ?

Parmi les 4 grands, on peut prévoir un tassement de Mélenchon. Le coup de la branche d’olivier le jour des Rameaux, le positionnement comme « candidat de la paix », la négation du facteur religieux dans le conflit qui agite le monde musulman (et le reste), tout concourt à le déconnecter de la réalité actuelle. Combien peut-il perdre ? Sans doute 3 points, pour se retrouver aux alentours de 15%. Ces 3% iront pour partie à Le Pen (du protestataire « peace and love » au protestataire « fort en gueule ») et pour partie à Macron (retour vers le vote utile). Fillon n’en profitera sans doute pas.

En revanche, celui-ci peut grappiller quelques électeurs non mobilisés jusqu’à maintenant. Quelques uns, mais sans doute pas énormément.

Macron peut perdre quelques suffrages au profit de Fillon, perçu comme plus régalien.

Tout cela rend improbable une modification du duo des qualifiés : Le Pen et Macron.

Voilà, c’était le dernier pronostic avant la vote.

Mercredi 12/04/17

12 avril 2017

A 10 jours du 1er tour, il est temps de passer au pronostic, qui doit prendre pour bases les sondages classiques et non les élucubrations faites à partir des réseaux sociaux (gov ou autres). Ces sondages donnent un groupe de 4 candidats en tête. Mais des sondages ne sont en aucun cas une prédiction. Rappelons également que les chiffres bruts font l’objet de redressements. N’excluons pas que ces redressements aillent tous dans le même sens, les sondeurs s’influençant l’un l’autre. Il n’empêche qu’ils convergent tous vers les scores suivants : Macron et Le Pen vers 23/24%, Fillon et Mélenchon aux alentours de 17/19 (loin derrière Hamon à 9/10).

45,7 millions de Français sont inscrits. A ce jour, la participation indiquée par les sondages est de 68%. Admettons qu’elle grimpe à 72,5%. Pour que Fillon se qualifie, il devrait passer de 5,9 millions d’intentions de vote à 7,3 millions de bulletins (Macron restant stable en nombre de suffrages), soit hausse de plus de 23%. Cela semble beaucoup, même si certains électeurs de droite, jusqu’ici réticents, pourraient se résigner à voter pour Fillon. Sa seule chance est dans un délitement du vote Macron, alors qu’on observe depuis plusieurs jours une cristallisation de celui-ci.

Selon, le même type de calcul, Le Pen apparaît comme une probable qualifiée.

Quant à la qualification de Mélenchon, je ne la crois pas possible, Hamon étant déjà largement siphonné. On ne peut toutefois exclure un transfert en provenance de Le Pen. Mais pour se qualifer, il devrait passer de 5,5 millions d’intentions de vote à 7,3 millions de bulletins, soit une progression de plus de 32%. Improbable.

Il reste donc 2 hypothèses :

- Le Pen contre Macron, hypothèse la plus vraisemblable

- Le Pen contre Fillon, ce qui nécessiterait un important apport de votants pour ce dernier. Pas impossible, mais loin d’être évident.

Et dire que tout cela serait totalement changé si l’attentat d’hier soir contre les joueurs du Borussia Dortmund avait réussi !

 

 

Lundi 03/04/17

3 avril 2017

Quelles sont les options raisonnables à 3 semaines du 1er tour ? Excluons immédiatement les élucubrations d’Hamon, Mélenchon et Le Pen, ainsi que les « petits ». Il reste donc 2 candidats :

- Fillon, dont je persiste à penser qu’il serait dans l’incapacité d’appliquer son programme, et qui ne nous a toujours pas dit quels postes de fonctionnaires il comptait supprimer (500 000 !). On m’objecte que c’est le projet qui importe. Mais un projet porté par un candidat incapable de le mettre en oeuvre n’est plus un projet crédible.

- Macron dont les faiblesses sont évidentes (majorité parlementaire non garantie, tendances au discours creux mis en évidence lors du débat de TF1, besoin de séduire …). Il y a lieu d’avoir de sérieux doutes.

Mais entre la certitude que le premier se révèlera impuissant, et les doutes que le second suscite, il me semble qu’il faut choisir les doutes.

Mardi 21/03/17

21 mars 2017

Le principal enseignement du débat télévisé d’hier soir, c’est la confirmation que Marine Le Pen est en position de gagner l’élection présidentielle. Ses concurrents l’ayant peu été attaquée jusqu’ici, ils lui ont permis une qualification d’office pour le second tour. Elle a deux adversaires possibles :

- Emmanuel Macron, qui avait été pugnace en première mi-temps, s’est délité lors de la seconde. Sa réponse en forme de bouillie pour chat quant à la politique étrangère qu’il mènerait a donné l’occasion à Marine Le Pen de le décrédibiliser. Un débat de second tour en face à face risquerait d’amplifier la tendance. Il doit impérativement redresser la barre dans les jours qui viennent sur ce sujet où il a été totalement incompréhensible. Il n’est pas certain qu’il en soit capable.

- François Fillon, à l’inverse de Macron, a été nettement meilleur en seconde mi-temps. Lui ne se fera pas manger par Le Pen dans un débat de second tour. Mais il est à craindre une très faible mobilisation de l’électorat des éliminés du 1er tour, soit pour des raisons politiques (les électeurs de gauche vis-à-vis de la politique économique et sociale de Fillon), soit pour des raisons morales.

Dans les deux hypothèses, la possibilité de victoire de Marine Le Pen au soir du 7 mai est réelle.

Comme il était prévisible, elle a confirmé être une adversaire redoutable, pugnace, s’appuyant sur un faux bon sens et n’hésitant pas à sortir des contre-vérités (l’augmentation de la délinquance) pour convaincre. Peut-être n’aura-t-elle guère augmenté son score hier soir, mais elle aura sans doute contribué à faire baisser celui de Macron. Les sondages des jours prochains seront particulièrement révélateurs à cet égard. Prenons les paris :

- Le Pen aux alentours de 28/30

- Macron et Fillon au coude-à-coude dans la zone 21/23

- Mélenchon vers les 14/15

- Hamon décroché à 10.

Mercredi 15/03/17

15 mars 2017

Nous sommes le 28 janvier 2017 : François Fillon, à la suite des révélations du Canard et de l’auto-saisine du PNF, renonce à se présenter et propose à Alain Juppé de le remplacer, après validation par les instances de LR et de l’UDI. Après quelques ajustements d’équipe et de programme, la campagne se déroule sans anicroche notable et Alain Juppé remporte la présidentielle puis, dans la foulée, les législatives. Il peut entamer la mise en oeuvre des réformes dont la France a besoin.

Hélas, ce scénario ne s’est pas produit et la droite a aujourd’hui un candidat mis en examen (à tort ou à raison, mais nécessairement affaibli). Pour compléter la célèbre phrase : « qui imagine le Général de Gaulle mis en examen pour détournement de fonds publics et recel d’abus de bien sociaux, et néanmoins candidat à la Présidence de la République ? »

François Fillon, en maintenant sa candidature, a pris son camp politique en otage. Mais ce n’est qu’un dommage parmi d’autres. Il y a désormais 2 épilogues possibles :

- sa défaite dès le 1er tour de l’élection présidentielle, qui entraînera de terribles règlements de comptes et l’éclatement de LR (la fraction Wauquiez étant susceptible de s’allier au FN pour les législatives)

- sa victoire au 2ème tour et son impuissance à mettre en oeuvre quelque réforme que ce soit.

Dans le 1er cas, c’est Marine Le Pen qui se renforce, dans le second, c’est Martinez qui s’impose. Brillante manoeuvre !

Mercredi 08/03/17

8 mars 2017

Sauf coup de théâtre (qui pourrait intervenir le 15 mars), on connait peu ou prou le casting : Le Pen, Fillon, Macron, Hamon, Mélenchon (peut-être). Plus quelques faire-valoir qui devraient obtenir les parrainages : Dupont-Aignan, Arthaud, Asselineau …  Quels sont les déterminants du vote ?

1. Le besoin de renouvellement. Il est inutile de revenir sur la cohorte des éliminés. Ce point plaide plutôt pour Macron que pour Fillon.

2. La droitisation de la société. Le phénomène est évident. Il pousse Le Pen et Fillon. Mais aussi Macron puisque la moitié des anciens électeurs de Hollande semblent vouloir se reporter sur lui.

3. Le ras-le-bol du clivage droite-gauche. En parallèle du phénomène précédent, de plus en plus d’électeurs ne se retrouvent plus dans le rejet de toutes les mesures préconisées ou mises en place par « l’autre camp ». A l’évidence, Macron profite de cette tendance. Il a eu l’habileté de ne pas se situer au centre, mais de dire que l’intelligence consiste à prendre les mesures efficaces d’où qu’elles viennent. Il est évident que le CICE et le Pacte de Responsabilité ont aidé les entreprises à devenir plus compétitives, et la droite devrait le reconnaître même si c’est la gauche qui en a eu l’initiative.

Tout cela fait beaucoup de facteurs favorables à Macron, qui a 3 talons d’Achille :

- son inexpérience du domaine régalien (en cas de grave crise internationale ou d’attaque terroriste, cela pourrait peser),

- une éventuelle arrivée massive de ministres socialistes qui se détourneraient officiellement d’Hamon. Il tente de prendre les devants en disant que ces soutiens (à venir) ne participeront pas à la campagne, mais les adversaires auront beau jeu de dire que Macron n’est que la réincarnation de Hollande,

 - une grande incertitude quant à sa capacité à obtenir une majorité parlementaire. Mais de cela, il faudra reparler tant une élimination de Fillon au premier tour entraînerait des règlements de comptes et peut-être un éclatement de LR.

 

Lundi 06/03/17

6 mars 2017

« Demerden sie sich » vient de dire Alain Juppé. Nul soutien à François Fillon dans cette déclaration crépusculaire. Juppé pense la présidentielle perdue pour la droite. Et effectivement, sauf coup de baguette magique, elle est perdue. 45% des sympathisants LR sont opposés au maintien de la candidature Fillon. Avec des intentions de vote aux alentours de 17%, on voit mal comment celui-ci pourrait se qualifier pour le second tour, même si de nombreux électeurs ne se prononcent pas encore.

Aucune solution alternative ne s’impose alors qu’il faut impérativement en trouver une car :

- avec Fillon, la défaite est quasiment assurée, d’autant qu’une candidature UDI (destinée à faire pression sur Fillon) se profile

- si tant est qu’il soit élu, ce serait un « président en slip », dans l’incapacité de mener les réformes figurant dans son programme

- tout idée de ticket avec Baroin aboutirait, en cas (très hypothétique) de succès, à un affaiblissement du Président incompatible avec l’esprit de la Vème République et, accessoirement, au cas de figure ci-dessus.

La droite est mise dans l’obligation de faire appel à son parrain Don Nico de trancher. C’est malheureux à dire, mais lui seul peut imposer une candidature de substitution. Au vu de la photo du podium de Trocadéro, il n’y en a qu’une : celle de François Baroin.

Jeudi 02/03/17

2 mars 2017

Le maintien de la candidature de François Fillon empêche tout débat sur les orientations majeures à prendre pour le pays alors que la situation rend ces décisions urgentes. L’aspect judiciaire du cas Fillon n’est pas l’essentiel et ne concerne que lui et sa famille. Il est temps de se rendre compte qu’il est grillé politiquement, ce que les différentes études d’opinion qui sortiront dans les prochains jours démontreront. Le maintien de cette candidature aura pour effet de provoquer un second tour entre Le Pen et Macron. En ce cas, mon choix se portera sur le second mais :

- c’est tout de même une solution très aventureuse, d’autant plus que la politique économique menée sous le quinquennat Hollande n’a pas abouti qu’à des succès,

- rien ne dit que Macron vaincrait Le Pen dont les qualités dans un débat en face à face sont évidentes.

La seule solution pour la France est que la droite et ce qui reste du centre basculent sur un plan B, lequel ne garantit pas le succès, mais évite la défaite certaine en cas de candidature Fillon. Il n’est plus temps de laisser s’entredéchirer les quinquas. Au vu de l’urgence de la situation, le seul plan B possible, c’est Juppé.

Mercredi 01/03/17

1 mars 2017

On peut se demander à quoi rime la mise en scène de François Fillon ce midi. Car il n’a rien dit de nouveau, si ce n’est qu’il était convoqué par les juges en vue d’une mise en examen. Cela ne justifie en rien un report de la visite au Salon de l’Agriculture car la conférence de presse pouvait parfaitement être programmée à un autre moment. Cela signifie-t-il que Fillon a été pris par le doute et tenté de renoncer ? Ou bien qu’il souhaite provoquer un effet de dramatisation susceptible de ramener à lui des électeurs ?

Il est toujours aussi incompréhensible de voir l’obstination de cet homme qui prend en otage son camp politique, mais aussi le pays tout entier. Car le risque qu’il fait prendre à tous est considérable : c’est celui de voir Macron se faire dévorer par Le Pen dans l’entre-deux tours.

Mais il est trop tard pour changer de cheval !

Mardi 28/02/17

28 février 2017

Il n’est pas certain que Marine Le Pen parvienne au second tour. Aujourd’hui, les sondages la donne aux alentours de 25-26%, alors que Macron se situe à 24 et Fillon à 20. Mais nombre d’électeurs ne sont pas encore certains de voter pour le candidat qu’ils ont à ce jour désigné. Et une forte proportion de l’électorat ne sait pas encore si elle ira voter, et encore moins pour qui (38% le 27 février, alors que ce taux devrait tomber à 20 ou 25% au moment du vote). En gros, il y a donc encore 15 points à prendre, sans compter les transferts possibles d’un candidat à un autre. Dans ces conditions, on comprend mal pourquoi personne n’attaque Marine Le Pen.

Autre observation : Fillon se situe à un niveau particulièrement bas alors que le potentiel actuel d’un (bon) candidat de droite est de l’ordre de 28 à 30%. La déperdition est le résultat des affaires le concernant, mais également d’un programme invendable à une frange de l’électorat de la droite modérée. Ajoutons-y le côté « Droopy » du bonhomme … Mais pour autant, s’il se révèle aussi bon dans les débats télévisés que lors de la primaire, il peut remonter et se qualifier. Car nombre des 15% « flottants » se détermineront en regardant les débats. Le problème pour Fillon sera le niveau élevé des concurrents : Le Pen et Mélenchon sont de redoutables débatteurs, Macron est brillant (même si on ne l’a pas vu en situation de polémique) et Hamon a de la répartie. Pas sûr que l’austérité affichée du personnage passe aussi bien qu’à la primaire, surtout au vu des événements des dernières semaines.

Et surtout, n’oublions pas que Marine Le Pen peut voir son score gonfler en cas d’attaque terroriste d’ici à l’élection.

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