Lundi 23/01/17

23 janvier 2017

Il est toujours agréable de constater que le pronostic qu’on avait formulé un mois et demi avant l’événement est en passe de se réaliser. Je parle bien sûr de la désignation de Benoit Hamon comme candidat du PS à l’élection présidentielle. C’est fort probable, mais pas encore certain. Probable non pas pour des raisons mathématiques (il ne faut pas additionner si facilement les 18% de Montebourg au score d’Hamon), mais parce que les primaires sont des machines à perdre l’élection, la vraie. S’adressant aux plus motivés d’un seul camp, elles ne cherchent pas à désigner le candidat ayant le plus de chances de l’emporter, mais celui qui propose des mesures radicales. Je fais donc le pronostic que Valls, malgré des arguments de bon sens qu’il ne manquera pas de produire lors du débat télévisé du 25 janvier, ne s’en sortira pas.

Dès lors, Macron aura non pas encore un boulevard, mais une belle opportunité. Une opportunité seulement car le phénomène peut encore s’effondrer, surtout si le contexte national (attentats) ou international (crédibilité affaiblie de l’OTAN, deal Poutine – Trump …) met au premier plan de la scène politique française la sécurité, domaine dans lequel le moins que l’on puisse dire est que son expertise est faible.

Mais si on en reste sur l’économique et le social, ses chances de victoire sont réelles.

 

Lundi 19/12/16

19 décembre 2016

En regardant hier François Bayrou sur BFM-TV face à Thierry Solère qui lui faisait la dense du ventre, il m’est apparu qu’il avait très envie d’y aller. Car Solère lui proposant de rejoindre Fillon en s’appuyant sur les déclarations passées de Bayrou pourfendant les déficits, celui-ci a répliqué que la situation avait changé et que, grosso modo, il fallait éviter le caractère récessif des mesures proposées. Bref, s’il entrevoit une possibilité de partir dans la course, il ira (sans toutefois totalement fermer la porte). Autrement dit, une victoire de Benoit Hamon (ou de Montebourg) à la primaire de la gauche lui offrirait une opportunité, mais une  victoire de Valls serait une mauvaise nouvelle pour lui;

Le créneau du réformisme modéré de centre-gauche, déjà préempté par Emmanuel Macron, pourrait s’avérer très disputé . La bataille des égos perdure !

 

Jeudi 15/12/16

15 décembre 2016

Panique à bord chez Manuel Valls : proposer  la suppression du 49.3 alors qu’il s’agit d’un outil constitutionnel qu’il a utilisé (certes moins que son mentor Michel Rocard) montre bien qu’il se sent en grand danger dans cette primaire. Le « tout sauf Valls » l’amène à prendre des positions contraires à sa pratique du pouvoir et à ses convictions. Il se sent obligé de se « gauchir », mais il n’en retirera aucun bénéfice. Je suis sidéré par son impréparation en matière de programme.

Je pense depuis le début de cette chronique que les électeurs de gauche ont intégré la défaite à la présidentielle. Ils vont donc voter pour le plus socialiste. A ce jour, c’est Hamon, le mieux préparé et le plus à même d’attirer sur son nom des électeurs très à gauche (qui risquent bien de constituer l’essentiel des votants). Si cela devait se confirmer et qu’il sorte vainqueur de la primaire, cela constituerait une énorme opportunité pour Emmanuel Macron à qui un boulevard s’ouvrirait pour accéder au second tour.

Mais nous n’en sommes pas encore là car la campagne de la primaire va se jouer entre le 5 et le 20 janvier pour le 1er tour. Avec 3 débats télévisés en 1 semaine !

Mardi 13/12/16

13 décembre 2016

A ce jour, 3 candidats sont de potentiels vainqueurs de la présidentielle : François Fillon, Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Ils présentent tous néanmoins d’importantes faiblesses :

 

1. François Fillon

Son programme pouvait satisfaire un électorat de droite. Mais passer de 3 à 18 millions d’électeurs nécessite de l’adoucir. Il a commencé à le faire en « précisant  » son projet de remboursement des dépenses maladie. L’angle d’attaque de ses adversaires (Robin des Bois à l’envers) va cependant subsister. Il est pris dans une alternative :

- rester « droit dans ses bottes » mais rebuter une bonne partie des 15 millions d’électeurs à gagner,

- lisser son programme et être accusé de faire comme ses prédécesseurs : promettre beaucoup et faire peu une fois élu.

 

2. Marine Le Pen

Elle est indiscutablement fragilisée par la désignation de Fillon. Elle est à ce jour en position d’accéder au second tour, mais :

- rien ne prouve que la dynamique de la campagne lui permettra de s’y qualifier prétendre fin avril,

- le plafond de verre est encore épais.

 

3. Emmanuel Macron

Son meeting de samedi dernier a été réussi. Il est dans la vraie campagne, alors que les concurrents de la primaire de gauche jouent aux petits chevaux. Mais il n’échappera pas à la question : « avec qui allez-vous gouverner ? ». Car les ralliements de quelques députés socialistes ne sont pas suffisants pour faire une majorité. Son intérêt est de gauchir son discours pour récupérer les électeurs de Hollande, au risque de perdre ceux du centre si Fillon adoucit le sien. Et surtout, la question se pose de tenir encore 5 mois !

Quant aux autres candidats, je ne les vois pas en position d’atteindre le second tour : ni Mélenchon, ni Valls, ni …

Il reste 5 mois, au cours desquels de nombreux événements peuvent se produire et peuvent avoir des répercussions sur la situation politique française. L’analyse ci-dessus est donc fortement susceptible d’être modifiée.

 

Mercredi 07/12/16

7 décembre 2016

La primaire de la droite (et du centre) a désigné non pas le candidat qui avait le plus de chances de gagner l’élection présidentielle, mais celui qui lui apparaissait le plus conforme à ce que cet électorat pense. Sans doute faut-il y voir la certitude qui est la sienne d’avoir déjà gagné la partie (ce qui me semble très hypothétique).

La gauche, qui se pense battue, va sans doute se comporter de la même façon : le résultat final étant certain, autant ne pas jouer les stratèges et se faire plaisir. C’est pourquoi Manuel Valls (le théoricien des 2 gauches irréconciliables) sera sans doute battu. Quant aux candidatures saugrenues (Vincent Peillon !), elles reflètent une nouvelle fois les manoeuvres de FH, qui n’exclut pas de revenir dans le jeu après le désastre annoncé de la gauche. Par conséquent, la gauche de gouvernement aura sans doute Macron pour candidat. Quant à la gauche protestataire, elle se partagera entre Arnaud Montebourg et Jean-Luc Mélenchon, ce qui l’éliminera dès le 1er tour.

Reste à savoir comment va évoluer la candidature de Macron. Jusqu’ici, sa campagne est minimaliste, mais il va bien falloir qu’il dévoile un programme. On verra alors s’il s’effondre, ou bien s’il peut entrevoir la possibilité d’accéder au 2ème tour, avec quelques chances de succès. Nous n’en sommes pas là, mais il sera intéressant de voir les reclassements qui s’opéreront.

 

Vendredi 02/12/16

2 décembre 2016

Lendemain de forfait de FH. Les candidatures vont affluer à gauche. 2 possibilités :

-          le spectacle de la primaire, s’il est équivalent à celui de la droite, fait émerger un candidat sinon potentiellement victorieux, du moins apte à accéder au 2ème tour. Celui-ci ne peut être qu’un candidat issu de la droite du PS (MV ?), car un candidat issu de sa gauche verrait son espace politique réduit par celui de JLM. La désignation de MV le ferait entrer en concurrence frontale avec EM. La désignation de tout autre candidat aboutirait à son élimination dès le 1er tour de la présidentielle.

-           le spectacle de la primaire est lamentable, ce qui ne peut être exclu. En ce cas, 2 « gagnants » : EM et JLM. Le PS se scinde entre ces 2 candidats autour desquels la gauche se recompose. C’est la 2ème mort de Mitterrand.

La grande inconnue, c’est comment va évoluer la candidature d’EM. Il va devoir clarifier son programme, resté très vague à ce jour. Il peut agréger des soutiens de la gauche de gouvernement, des électeurs centristes et de droite et de gauche modérées. Il peut aussi s’effondrer. Mais c‘est à ce jour le seul capable de déranger le casting annoncé du 2ème tour : FF vs. MLP.

Quant à JLM, je ne le vois pas monter au-dessus de ses 15% actuels.

Jeudi 01/12/16

2 décembre 2016

FF aurait grand tort de penser que c’est gagné et même s’il remporte la présidentielle, l’acceptation de son programme est faible et il aura le plus grand mal à le mettre en oeuvre. Il doit donc l’amender s’il veut passer de 3 à 18 millions de voix. Principales faiblesses :

- l’abrogation de l’ISF, car ces adversaires auront beau jeu de prétendre que cela revient à donner aux riches en prenant aux pauvres (+ 2% de TVA). Cette hausse de la TVA est indispensable et il n’est même pas certain qu’elle se répercute intégralement sur les prix. Elle doit être présentée comme la contrepartie de la baisse des charges des entreprises, et en aucun cas le pendant de la suppression de l’ISF. En outre, on aura besoin de ce qu’il rapporte, d’autant que les taux d’intérêt vont remonter, ce qui nous oblige encore plus à réduire le déficit.

- la dégressivité des indemnités de chômage. Mieux vaut obliger les demandeurs d’emploi à accepter les offres disponibles (2 refus possibles maxi).

- dire de but en blanc qu’il faut supprimer 500 000 postes de fonctionnaires et emplois publics ne veut rien dire. Lesquels ? Comment ? Car une bonne partie de ces postes sont dans la fonction publique territoriale et les titulaires constituent la clientèle des élus.

- le référendum de septembre qu’il a de bonnes chances de perdre.

C’est bien d’avoir un programme très à droite pour gagner la primaire, mais ce n’est pas Retailleau qui va lui faire gagner la présidentielle !