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Archive pour février 2017

Mardi 28/02/17

Mardi 28 février 2017

Il n’est pas certain que Marine Le Pen parvienne au second tour. Aujourd’hui, les sondages la donne aux alentours de 25-26%, alors que Macron se situe à 24 et Fillon à 20. Mais nombre d’électeurs ne sont pas encore certains de voter pour le candidat qu’ils ont à ce jour désigné. Et une forte proportion de l’électorat ne sait pas encore si elle ira voter, et encore moins pour qui (38% le 27 février, alors que ce taux devrait tomber à 20 ou 25% au moment du vote). En gros, il y a donc encore 15 points à prendre, sans compter les transferts possibles d’un candidat à un autre. Dans ces conditions, on comprend mal pourquoi personne n’attaque Marine Le Pen.

Autre observation : Fillon se situe à un niveau particulièrement bas alors que le potentiel actuel d’un (bon) candidat de droite est de l’ordre de 28 à 30%. La déperdition est le résultat des affaires le concernant, mais également d’un programme invendable à une frange de l’électorat de la droite modérée. Ajoutons-y le côté « Droopy » du bonhomme … Mais pour autant, s’il se révèle aussi bon dans les débats télévisés que lors de la primaire, il peut remonter et se qualifier. Car nombre des 15% « flottants » se détermineront en regardant les débats. Le problème pour Fillon sera le niveau élevé des concurrents : Le Pen et Mélenchon sont de redoutables débatteurs, Macron est brillant (même si on ne l’a pas vu en situation de polémique) et Hamon a de la répartie. Pas sûr que l’austérité affichée du personnage passe aussi bien qu’à la primaire, surtout au vu des événements des dernières semaines.

Et surtout, n’oublions pas que Marine Le Pen peut voir son score gonfler en cas d’attaque terroriste d’ici à l’élection.

Lundi 20/02/17

Lundi 20 février 2017

Depuis 1965, le taux de participation au 1er tour de l’élection a toujours été proche de ou supérieur à 80%. D’après le rolling IFOP, la prévision stagne aux alentours de 62-63%, soit un niveau très faible qui s’explique par l’insatisfaction de deux populations d’électeurs :

- 30% des sympathisants LR ne souhaitent pas que Fillon maintienne sa candidature, d’où la faiblesse de celui-ci dans les intentions de vote (18,5% en cas de candidature Bayrou alors que les élections départementales de 2015 ont vu la victoire de l’UMP avec 27,5% des voix au 1er tour)

- nombre d’électeurs de la gauche modérée ne se prononcent pas encore, ne se reconnaissant ni en Hamon, ni en Macron.

Il en résulte ce « manque à gagner » en termes d’électeurs qui fausse les % d’intentions de vote. L’enjeu pour les 2 candidats rivaux pour l’accession au 2ème tour est de mobiliser leur électorat potentiel. Tous les autres électorats ont leur candidat : la gauche de la gauche à qui s’offre un choix très large, la droite nationaliste qui se satisfait manifestement d’une seule candidate.

Cette mobilisation va sans doute se produire pour Fillon car les sympathisants LR iront voter dans une grande majorité. C’est pourquoi celui-ci a toutes les chances d’atteindre le 2ème tour et de la gagner. Mais pour gouverner avec quelle légitimité ?

Vendredi 17/02/17

Vendredi 17 février 2017

L’affaire Fillon ne sera donc pas classée. La suite n’est pas réjouissante pour lui en termes politiques. L’effet d’une citation directe à comparaître sera catastrophique, et celui de la nomination d’un juge d’instruction à peine moindre. Et malgré tout, il conserve ses chances. C’est dire si l’électorat de droite a vraiment envie de voter pour un candidat de droite, n’importe lequel.

Imaginons le élu. On peut oublier une bonne part de son programme initial, pourtant plébiscité lors de la primaire. C’est le Premier Ministre (Baroin à condition que la droite gagne les législatives, ce qui n’a rien d’évident) qui sera l’homme fort. Imaginons maintenant que Pénélope soit jugée et condamnée. Le Président est à l’abri du fait du privilège de juridiction, mais pas son épouse. L’effet sera dévastateur ! L’affaiblissement du pouvoir présidentiel sera allé croissant depuis le second septennat de Mitterrand, en passant par la cohabitation Chirac – Jospin, l’endormissement du second mandat de Chirac et les guignolades des deux derniers titulaires du poste.

Si le tassement récent de Macron dans les sondages se transforme en écroulement, le candidat de droite a toutes les chances d’être élu. Mais pour gouverner, ce sera une autre histoire si c’est Fillon. La France n’a pas encore 5 ans à perdre. Et la droite n’a pas une semaine à perdre à dégager Fillon. Juppé semble aujourd’hui hors-jeu. Alors si c’est Baroin, c’est bien. Et si c’est Bertrand, c’est bien aussi.

Jeudi 16/02/17

Jeudi 16 février 2017

Comment interpréter la visite du candidat Fillon à Don Nico ?

Un soutien du parrain ? Mais il ne s’est pas encore manifesté. Hypothèse à exclure pour le moment.

Une mise en garde ? Du genre : « si tu es mis en examen, ou même que ton dossier est transmis à un juge d’instruction, c’est fini pour toi et il faudra un plan B … comme Baroin ». Ou, au mieux, « tu restes candidat, mais tu ne seras pas en état de vendre ton programme, donc tu reprends le mien avec Baroin comme premier soutien et futur Premier Ministre. » C’est mon hypothèse, d’autant que ledit Baroin publie un livre-programme au contenu très différent de celui de Fillon.

Déjà aujourd’hui, avec une simple enquête préliminaire, le candidat est inaudible. Voyons si, encore plus pressé par la justice mais avec un programme sarkozyfié et appuyé par Baroin, il réussit à reprendre la main. Il lui reste une semaine.

15/02/17 (2)

Mercredi 15 février 2017

Quel peut bien être l’effet de la visite de Fillon à Sarkozy ? On hésite entre les effets positifs et les négatifs.

1. Positifs

La réitération de l’adoubement doit avoir pour premier effet de faire cesser la fronde. Mais uniquement en façade car les candidats aux législatives vont se trouver confrontés aux mêmes difficultés : militants qui traînent la jambe, électeurs fâchés. Si, de surcroît, l’enquête préliminaire devait déboucher sur une instruction, la grogne reprendrait. Et un « ticket » avec Baroin n’y changerait rien. En revanche, la théâtralisation de ce ticket (Baroin est le Président de l’Association des Maires de France, qui bataille contre la réduction des subventions de l’Etat) pourrait faire entrer de nombreux relais (les Maires) dans la boucle. Mais alors, on part loin du programme initial du candidat !

2. Négatifs

Il y a un tel ras-le-bol vis-à-vis de Sarkozy que cette visite à la rue de Canossa (pardon de Miromesnil) est contre-productif, Sarkozy donnant l’impression de tirer les fils.

 

Fillon possède toujours des chances d’être élu, mais dans quel état et pour quelle politique !

 

Mercredi 15/02/17

Mercredi 15 février 2017

Le scrutin est toujours aussi incertain. Plusieurs vainqueurs sont possibles :

- Marine Le Pen, qui peut profiter du côté délétère de la campagne.

- François Fillon, qui consolide son socle de farouches partisans de l’alternance. On est toutefois en droit de se demander comment il pourrait appliquer son programme compte tenu des affaires attachées à sa personne.

- Emmanuel Macron, qui baisse légèrement dans les sondages (sans doute la légèreté de son programme), qui peut aussi bien s’effondrer que consolider son score.

- Benoit Hamon, qui n’est pas si loin dans les sondages.

- François Bayrou, non-candidat à 5,5%, qui peut représenter une alternative à Fillon et Macron.

Bref, la bouteille à l’encre !

Jeudi 09/02/17

Jeudi 9 février 2017

Fillon a énormément de mal à faire campagne, plombé par son affaire. Mais, jusqu’à maintenant, il n’a pas trop dévissé dans les sondages.

Hypothèse 1 : Cela se maintien, il peut espérer figurer au 2ème tour, car il n’est distancé par Macron que d’environ 3 points. Or, ce dernier a peut-être mangé son pain blanc. Il va bien lui falloir sortir de sa posture de télévangéliste et proposer un programme (ou un contrat !), ce qui ne manquera pas de rebuter les électeurs de centre-droit s’il est trop à gauche, et inversement. Vers qui peuvent-ils se réfugier :

- Fillon (avec un socle qui se maintiendrait à 18%, c’est parfaitement jouable),

- Bayrou (en partant de 5% d’intentions de vote, ce sera dur),

- Hamon (mais cet apport sera sans doute insuffisant pour passer le cut).

Hypothèse 2 : Fillon dévisse vers les 15% dans les prochains jours, donc l’idée de plan B réapparaît. Pour la droite, toute autre solution que Juppé serait suicidaire. Une bagarre Baroin – Wauquiez – Bertrand – Pécresse à 2 mois du scrutin expédierait la droite en 2ème division et provoquerait en sus son éclatement. Pour les quinquas, la solution Juppé serait la meilleure, car la compétition ne les opposerait ouvertement que dans 2 ou 3 ans. C’est à coup sûr la solution de sagesse.

Mardi 07/02/17

Mardi 7 février 2017

Il va falloir surveiller les sondages des prochains jours pour voir si Fillon a réussi à redresser la barre lors de sa conférence de presse d’hier. Et surtout s’il l’a redressée suffisamment pour espérer figurer au second tour. Pour cela, il va devoir regagner l’adhésion d’électeurs centristes (ceux de droite lui sont pour l’essentiel restés acquis, ce qui l’a empêché de s’effondrer) tentés par Macron. Il est vraisemblable qu’une candidature Bayrou l’affaiblirait car elle agrègerait des Français dubitatifs devant la candidature Fillon (programme invendable, soupçon d’emplois fictifs) qui resteraient méfiants devant Macron.

Bayrou ne rejoindra pas Fillon avant le 1er tour : il a brûlé ses vaisseaux dimanche en appelant au retrait de sa candidature. Il lui reste 2 options :

- rejoindre Macron, ce qui constituerait un gros coup de pouce pour ce dernier,

- y aller, et prendre des voix à Macron et à Fillon (les proportions respectives constituent la clé du casting du 2ème tour). C’est l’hypothèse la plus probable puisque Fillon s’est maintenu.

La bagarre se jouera donc à trois :

- Marine Le Pen, dont on se demande quand la presse va se saisir des nombreuses affaires financières qui la concernent (mise en examen !)

- Emmanuel Macron, au comportement de télévangéliste qui semble séduire une part de l’électorat en recherche de sens (car en matière de programme, il faudrait plutôt parler de Ma… creux)

- François Fillon, qui va devoir adoucir son programme.

Quant à Mélenchon et Hamon, ils vont se neutraliser suffisamment pour que leur gauche soit absente du second tour.

Tout cela à condition qu’aucune autre grosse affaire ne sorte et qu’aucun attentat d’importance ne survienne !

 

Samedi 04/02/17

Samedi 4 février 2017

La droite va devoir faire avec … Fillon. Je persiste à penser qu’aucun plan B n’est jouable. Même si Juppé pourrait être désigné, fort de sa seconde place à la primaire, sa légitimité serait faible, d’autant plus que nombreux sont les électeurs de gauche à avoir voté pour lui. Et aucun quinqua n’est en position de fédérer.

Fillon devra donc rester candidat. El la droite devra espérer qu’il sera battu car mettre en oeuvre les réformes de son programme mettra le pays à feu et à sang, d’autant plus qu’il sera perçu comme celui qui demande des efforts … aux autres. Il faut faire son deuil de cette présidentielle qui était normalement imperdable et se consacrer aux législatives pour les gagner.

Vendredi 03/02/17

Vendredi 3 février 2017

Le plan A a du plomb dans l’aile. Ce n’est pas, dans les premiers sondages, un effondrement mais un tassement suffisant pour que Fillon ne soit pas en position de se qualifier pour le second tour. Mais le plan B est encore plus inquiétant : il est clair que, quel que soit le candidat de remplacement, il sera contesté par les chapelles concurrentes de LR : Juppé par tous ce qui n’est pas juppéiste, Wauquiez par tout ce qui n’est pas sarkozyste, Baroin par les juppéistes ….   La seule situation favorable pour ce M. X serait que tout le monde le soutienne. Ce ne sera malheureusement pas le cas car les égos et les intérêts personnels prendront le pas. Le résultat sera désastreux et il sera éliminé dès le 1er tour.

Dans ces conditions, la droite doit sans doute reporter son attention sur les législatives. Et espérer l’élection d’Emmanuel Macron !

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