Archive pour avril 2017

Jeudi 27/04/17

Jeudi 27 avril 2017

Il est vraisemblable que si François Fillon avait renoncé  à être le  candidat de la droite (et du centre !), le candidat de substitution serait parvenu à se qualifier, sans doute contre Marine Le Pen. Les électeurs de gauche ont donc échappé au pire. Mais cela n’a plus aucune importance, si ce n’est que le socle de la droite est supérieur au score de Fillon et que le groupe LR à l’Assemblée sera important.

Redisons le : dans la configuration actuelle, la victoire d’Emmanuel Macron est assurée. Mais pas le chemin de roses. La campagne est complètement hystérisée et la situation va perdurer :

-          Marine Le Pen a capté une partie des électeurs « prafistes » et se livre à une agit-prop susceptible de pousser certains à l’insurrection. Son action, amplifiée par la centaine de députés FN qui sortiront des législatives, ne s’arrêtera pas là. Quand le président Macron va entreprendre la véritable réforme du code du travail, il y a lieu de craindre d’importantes manifestations susceptibles de produire les mêmes effets que le 6 février 1934.

-          Jean-Luc Mélenchon (qui a capté une autre part des prafistes)  et ses insoumis se mêleront à la danse. Tout cela représente 41% de l’électorat.

-          Celui de François Fillon ne se mêlera pas à ces manifestations, mais une partie votera Le Pen et une autre s’abstiendra, au prétexte que les valeurs portées par Macron ne sont pas les leurs. Il est permis de se demander ce qu’ils mettent derrière le mot « valeurs ».

 Macron va devoir faire face à une situation très difficile. Il ne transformera pas la situation d’un coup de baguette magique.  Ses solutions économiques (formation réorientée, montée en gamme de la production, poursuite de la politique de l’offre …) ne donneront des résultats qu’avec le temps. Pour éviter l’embrasement, il faudra beaucoup de pédagogie et un bon coup de pouce de l’Allemagne. Sinon, nous irons vers le pire.

Lundi 24/04/17

Lundi 24 avril 2017

Evacuons rapidement  toute interrogation sur le résultat du 2ème tour : Macron sera élu président. La première question qui se pose est : avec quelle majorité après les législatives ?

Il est peu probable qu’En Marche ! et le Modem puissent obtenir seuls cette majorité. On peut néanmoins compter sur un nombre suffisant de députés élus sous les étiquettes LR et PS pour grossir les rangs. Certains évoqueront le souvenir de la 3ème force qui, sous le 4ème République regroupait la SFIO, le MRP, les radicaux et autres mouvements centristes, en gros tout le monde sauf le PC et les gaullistes.

Les nostalgiques de la mono-polarisation gauche-droite penseront peut-être que cette majorité politique n’existe pas, ou plutôt qu’elle ne recouvre aucune réalité sociologique.

A la première critique, on répondra que c’est méconnaître le rôle central du Président de la République, totalement différent de celui des années 50. On peut parfaitement imaginer, ou plutôt prévoir, un éclatement de LR, une branche s’alliant au FN, et l’autre rejoignant Macron. C’est en gros les juppéistes. On peut symétriquement penser que la tendance sociale-libérale, voire la socio-démocrate, bref des moignons du PS puissent en faire autant. En résumé, le Président de la République agrègerait sa majorité propre, comme de Gaulle l’avait fait en 58.

A la seconde critique, on objectera que la polarisation gauche-droite, pour peu qu’elle existe encore, n’est plus le seul axe autour duquel la vie politique française s’organise. On revient vers ce que Giscard souhaitait lorsqu’il disait que la France « veut être gouvernée au centre ». On peut d’ailleurs penser qu’une majorité de Français en ont soupé de cette droite qui critique tout ce que fait la gauche au pouvoir et vice-versa.

Il y a tout lieu de penser que cette majorité sociologique, mais aussi politique, existe.

Vendredi 21/04/17

Vendredi 21 avril 2017

Quel sera l’impact de l’attentat d’hier soir sur l’élection présidentielle ? Quels seront les transferts d’un candidat à l’autre ? Y aura-t-il un surcroît de mobilisation et au profit de qui ?

Parmi les 4 grands, on peut prévoir un tassement de Mélenchon. Le coup de la branche d’olivier le jour des Rameaux, le positionnement comme « candidat de la paix », la négation du facteur religieux dans le conflit qui agite le monde musulman (et le reste), tout concourt à le déconnecter de la réalité actuelle. Combien peut-il perdre ? Sans doute 3 points, pour se retrouver aux alentours de 15%. Ces 3% iront pour partie à Le Pen (du protestataire « peace and love » au protestataire « fort en gueule ») et pour partie à Macron (retour vers le vote utile). Fillon n’en profitera sans doute pas.

En revanche, celui-ci peut grappiller quelques électeurs non mobilisés jusqu’à maintenant. Quelques uns, mais sans doute pas énormément.

Macron peut perdre quelques suffrages au profit de Fillon, perçu comme plus régalien.

Tout cela rend improbable une modification du duo des qualifiés : Le Pen et Macron.

Voilà, c’était le dernier pronostic avant la vote.

Mercredi 12/04/17

Mercredi 12 avril 2017

A 10 jours du 1er tour, il est temps de passer au pronostic, qui doit prendre pour bases les sondages classiques et non les élucubrations faites à partir des réseaux sociaux (gov ou autres). Ces sondages donnent un groupe de 4 candidats en tête. Mais des sondages ne sont en aucun cas une prédiction. Rappelons également que les chiffres bruts font l’objet de redressements. N’excluons pas que ces redressements aillent tous dans le même sens, les sondeurs s’influençant l’un l’autre. Il n’empêche qu’ils convergent tous vers les scores suivants : Macron et Le Pen vers 23/24%, Fillon et Mélenchon aux alentours de 17/19 (loin derrière Hamon à 9/10).

45,7 millions de Français sont inscrits. A ce jour, la participation indiquée par les sondages est de 68%. Admettons qu’elle grimpe à 72,5%. Pour que Fillon se qualifie, il devrait passer de 5,9 millions d’intentions de vote à 7,3 millions de bulletins (Macron restant stable en nombre de suffrages), soit hausse de plus de 23%. Cela semble beaucoup, même si certains électeurs de droite, jusqu’ici réticents, pourraient se résigner à voter pour Fillon. Sa seule chance est dans un délitement du vote Macron, alors qu’on observe depuis plusieurs jours une cristallisation de celui-ci.

Selon, le même type de calcul, Le Pen apparaît comme une probable qualifiée.

Quant à la qualification de Mélenchon, je ne la crois pas possible, Hamon étant déjà largement siphonné. On ne peut toutefois exclure un transfert en provenance de Le Pen. Mais pour se qualifer, il devrait passer de 5,5 millions d’intentions de vote à 7,3 millions de bulletins, soit une progression de plus de 32%. Improbable.

Il reste donc 2 hypothèses :

- Le Pen contre Macron, hypothèse la plus vraisemblable

- Le Pen contre Fillon, ce qui nécessiterait un important apport de votants pour ce dernier. Pas impossible, mais loin d’être évident.

Et dire que tout cela serait totalement changé si l’attentat d’hier soir contre les joueurs du Borussia Dortmund avait réussi !

 

 

Lundi 03/04/17

Lundi 3 avril 2017

Quelles sont les options raisonnables à 3 semaines du 1er tour ? Excluons immédiatement les élucubrations d’Hamon, Mélenchon et Le Pen, ainsi que les « petits ». Il reste donc 2 candidats :

- Fillon, dont je persiste à penser qu’il serait dans l’incapacité d’appliquer son programme, et qui ne nous a toujours pas dit quels postes de fonctionnaires il comptait supprimer (500 000 !). On m’objecte que c’est le projet qui importe. Mais un projet porté par un candidat incapable de le mettre en oeuvre n’est plus un projet crédible.

- Macron dont les faiblesses sont évidentes (majorité parlementaire non garantie, tendances au discours creux mis en évidence lors du débat de TF1, besoin de séduire …). Il y a lieu d’avoir de sérieux doutes.

Mais entre la certitude que le premier se révèlera impuissant, et les doutes que le second suscite, il me semble qu’il faut choisir les doutes.