15/02/17 (2)

15 février 2017

Quel peut bien être l’effet de la visite de Fillon à Sarkozy ? On hésite entre les effets positifs et les négatifs.

1. Positifs

La réitération de l’adoubement doit avoir pour premier effet de faire cesser la fronde. Mais uniquement en façade car les candidats aux législatives vont se trouver confrontés aux mêmes difficultés : militants qui traînent la jambe, électeurs fâchés. Si, de surcroît, l’enquête préliminaire devait déboucher sur une instruction, la grogne reprendrait. Et un « ticket » avec Baroin n’y changerait rien. En revanche, la théâtralisation de ce ticket (Baroin est le Président de l’Association des Maires de France, qui bataille contre la réduction des subventions de l’Etat) pourrait faire entrer de nombreux relais (les Maires) dans la boucle. Mais alors, on part loin du programme initial du candidat !

2. Négatifs

Il y a un tel ras-le-bol vis-à-vis de Sarkozy que cette visite à la rue de Canossa (pardon de Miromesnil) est contre-productif, Sarkozy donnant l’impression de tirer les fils.

 

Fillon possède toujours des chances d’être élu, mais dans quel état et pour quelle politique !

 

Mercredi 15/02/17

15 février 2017

Le scrutin est toujours aussi incertain. Plusieurs vainqueurs sont possibles :

- Marine Le Pen, qui peut profiter du côté délétère de la campagne.

- François Fillon, qui consolide son socle de farouches partisans de l’alternance. On est toutefois en droit de se demander comment il pourrait appliquer son programme compte tenu des affaires attachées à sa personne.

- Emmanuel Macron, qui baisse légèrement dans les sondages (sans doute la légèreté de son programme), qui peut aussi bien s’effondrer que consolider son score.

- Benoit Hamon, qui n’est pas si loin dans les sondages.

- François Bayrou, non-candidat à 5,5%, qui peut représenter une alternative à Fillon et Macron.

Bref, la bouteille à l’encre !

Jeudi 09/02/17

9 février 2017

Fillon a énormément de mal à faire campagne, plombé par son affaire. Mais, jusqu’à maintenant, il n’a pas trop dévissé dans les sondages.

Hypothèse 1 : Cela se maintien, il peut espérer figurer au 2ème tour, car il n’est distancé par Macron que d’environ 3 points. Or, ce dernier a peut-être mangé son pain blanc. Il va bien lui falloir sortir de sa posture de télévangéliste et proposer un programme (ou un contrat !), ce qui ne manquera pas de rebuter les électeurs de centre-droit s’il est trop à gauche, et inversement. Vers qui peuvent-ils se réfugier :

- Fillon (avec un socle qui se maintiendrait à 18%, c’est parfaitement jouable),

- Bayrou (en partant de 5% d’intentions de vote, ce sera dur),

- Hamon (mais cet apport sera sans doute insuffisant pour passer le cut).

Hypothèse 2 : Fillon dévisse vers les 15% dans les prochains jours, donc l’idée de plan B réapparaît. Pour la droite, toute autre solution que Juppé serait suicidaire. Une bagarre Baroin – Wauquiez – Bertrand – Pécresse à 2 mois du scrutin expédierait la droite en 2ème division et provoquerait en sus son éclatement. Pour les quinquas, la solution Juppé serait la meilleure, car la compétition ne les opposerait ouvertement que dans 2 ou 3 ans. C’est à coup sûr la solution de sagesse.

Mardi 07/02/17

7 février 2017

Il va falloir surveiller les sondages des prochains jours pour voir si Fillon a réussi à redresser la barre lors de sa conférence de presse d’hier. Et surtout s’il l’a redressée suffisamment pour espérer figurer au second tour. Pour cela, il va devoir regagner l’adhésion d’électeurs centristes (ceux de droite lui sont pour l’essentiel restés acquis, ce qui l’a empêché de s’effondrer) tentés par Macron. Il est vraisemblable qu’une candidature Bayrou l’affaiblirait car elle agrègerait des Français dubitatifs devant la candidature Fillon (programme invendable, soupçon d’emplois fictifs) qui resteraient méfiants devant Macron.

Bayrou ne rejoindra pas Fillon avant le 1er tour : il a brûlé ses vaisseaux dimanche en appelant au retrait de sa candidature. Il lui reste 2 options :

- rejoindre Macron, ce qui constituerait un gros coup de pouce pour ce dernier,

- y aller, et prendre des voix à Macron et à Fillon (les proportions respectives constituent la clé du casting du 2ème tour). C’est l’hypothèse la plus probable puisque Fillon s’est maintenu.

La bagarre se jouera donc à trois :

- Marine Le Pen, dont on se demande quand la presse va se saisir des nombreuses affaires financières qui la concernent (mise en examen !)

- Emmanuel Macron, au comportement de télévangéliste qui semble séduire une part de l’électorat en recherche de sens (car en matière de programme, il faudrait plutôt parler de Ma… creux)

- François Fillon, qui va devoir adoucir son programme.

Quant à Mélenchon et Hamon, ils vont se neutraliser suffisamment pour que leur gauche soit absente du second tour.

Tout cela à condition qu’aucune autre grosse affaire ne sorte et qu’aucun attentat d’importance ne survienne !

 

Samedi 04/02/17

4 février 2017

La droite va devoir faire avec … Fillon. Je persiste à penser qu’aucun plan B n’est jouable. Même si Juppé pourrait être désigné, fort de sa seconde place à la primaire, sa légitimité serait faible, d’autant plus que nombreux sont les électeurs de gauche à avoir voté pour lui. Et aucun quinqua n’est en position de fédérer.

Fillon devra donc rester candidat. El la droite devra espérer qu’il sera battu car mettre en oeuvre les réformes de son programme mettra le pays à feu et à sang, d’autant plus qu’il sera perçu comme celui qui demande des efforts … aux autres. Il faut faire son deuil de cette présidentielle qui était normalement imperdable et se consacrer aux législatives pour les gagner.

Vendredi 03/02/17

3 février 2017

Le plan A a du plomb dans l’aile. Ce n’est pas, dans les premiers sondages, un effondrement mais un tassement suffisant pour que Fillon ne soit pas en position de se qualifier pour le second tour. Mais le plan B est encore plus inquiétant : il est clair que, quel que soit le candidat de remplacement, il sera contesté par les chapelles concurrentes de LR : Juppé par tous ce qui n’est pas juppéiste, Wauquiez par tout ce qui n’est pas sarkozyste, Baroin par les juppéistes ….   La seule situation favorable pour ce M. X serait que tout le monde le soutienne. Ce ne sera malheureusement pas le cas car les égos et les intérêts personnels prendront le pas. Le résultat sera désastreux et il sera éliminé dès le 1er tour.

Dans ces conditions, la droite doit sans doute reporter son attention sur les législatives. Et espérer l’élection d’Emmanuel Macron !

Jeudi 02/02/17

2 février 2017

La situation de la droite est très inquiétante car le temps presse. Il va falloir dans un laps de temps extrêmement court (d’ici au 12 février maximum) obtenir le retrait de Fillon et la désignation incontestée d’un nouveau candidat, dont on voit mal qu’il pourrait être quelqu’un d’autre que Juppé. Comme aux Jeux Olympiques, quand le vainqueur est disqualifié pour dopage, c’est le second qui décroche la médaille d’or, même si elle ne lui est pas remise sur le podium juste après la course. Dans le cas où Juppé serait effectivement désigné, des réticences, des contestations, des réserves sont malheureusement à craindre, qui ne pourront qu’affaiblir sa position. Or, Juppé est pourtant la seule solution de la droite.

Tout autre choix ou toute absence de choix (la droite sans candidat : du jamais vu sous la Vème !) nous expose à un second tour Le Pen – Hamon. Car je pense que Macron risque d’exploser en vol : programme sans cesse retardé, incertitude sur une majorité de gouvernement, inexpérience, surtout dans le domaine régalien … Et rien ne nous dit que quelque casserole ne surgira pas bientôt.

Un 2ème tour Le Pen – Hamon serait une véritable catastrophe pour le pays.

Mercredi 01/02/17

1 février 2017

Ce n’est plus qu’une question de jours avant que Fillon ne renonce. Sa défense est inaudible parce qu’elle est impossible. Et quand bien même il y parviendrait que le doute (pour le moins) se serait instillé dans suffisamment de cerveaux pour l’exclure du 2ème tour. Et quand bien même serait-il élu qu’on voit mal comment il pourrait mettre en oeuvre une politique ou celui qui demande des sacrifices a trempé les mains (jusqu’au coude) dans le pot de confitures.

La droite doit rapidement désigner un autre candidat, mais selon quelle procédure ? Si elle y parvient, quelle sera la légitimité de celui qui aura été désigné par un comité politique en lieu et place d’un élu par 3 millions de votants.

L’électorat sera très fortement troublé et rien n’est à exclure :

- Marine Le Pen ne sortira pas abimée de son problème d’emplois fictifs ; même cornérisée, elle peut bénéficier d’un apport de voix d’électeurs qui s’y refusaient, mais sans doute pas suffisamment pour gagner.

- Emmanuel Macron, fort de son succès d’image, va devoir enfin faire connaître son programme (encore différé) et risque de s’effondrer, mais ce n’est pas certain

- Benoit Hamon, qui va sans doute siphonner les voix de Mélenchon, peut atteindre le second tour car il apparaîtra comme un M. Propre

- François Bayrou, même si nombre d’électeurs de droite lui vouent une rancoeur tenace, peut avoir une opportunité  dans les décombres actuels

- M. X, candidat de la droite, peut accéder au second tour, mais il devra apparaître très vite et fédérer son camp.

Jamais, si près de l’élection, une présidentielle n’a paru si imprévisible.

Lundi 23/01/17

23 janvier 2017

Il est toujours agréable de constater que le pronostic qu’on avait formulé un mois et demi avant l’événement est en passe de se réaliser. Je parle bien sûr de la désignation de Benoit Hamon comme candidat du PS à l’élection présidentielle. C’est fort probable, mais pas encore certain. Probable non pas pour des raisons mathématiques (il ne faut pas additionner si facilement les 18% de Montebourg au score d’Hamon), mais parce que les primaires sont des machines à perdre l’élection, la vraie. S’adressant aux plus motivés d’un seul camp, elles ne cherchent pas à désigner le candidat ayant le plus de chances de l’emporter, mais celui qui propose des mesures radicales. Je fais donc le pronostic que Valls, malgré des arguments de bon sens qu’il ne manquera pas de produire lors du débat télévisé du 25 janvier, ne s’en sortira pas.

Dès lors, Macron aura non pas encore un boulevard, mais une belle opportunité. Une opportunité seulement car le phénomène peut encore s’effondrer, surtout si le contexte national (attentats) ou international (crédibilité affaiblie de l’OTAN, deal Poutine – Trump …) met au premier plan de la scène politique française la sécurité, domaine dans lequel le moins que l’on puisse dire est que son expertise est faible.

Mais si on en reste sur l’économique et le social, ses chances de victoire sont réelles.

 

Lundi 19/12/16

19 décembre 2016

En regardant hier François Bayrou sur BFM-TV face à Thierry Solère qui lui faisait la dense du ventre, il m’est apparu qu’il avait très envie d’y aller. Car Solère lui proposant de rejoindre Fillon en s’appuyant sur les déclarations passées de Bayrou pourfendant les déficits, celui-ci a répliqué que la situation avait changé et que, grosso modo, il fallait éviter le caractère récessif des mesures proposées. Bref, s’il entrevoit une possibilité de partir dans la course, il ira (sans toutefois totalement fermer la porte). Autrement dit, une victoire de Benoit Hamon (ou de Montebourg) à la primaire de la gauche lui offrirait une opportunité, mais une  victoire de Valls serait une mauvaise nouvelle pour lui;

Le créneau du réformisme modéré de centre-gauche, déjà préempté par Emmanuel Macron, pourrait s’avérer très disputé . La bataille des égos perdure !

 

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